Une solution au cancer dans le fleuve Saint-Laurent ?

Ecrit par Association Nationale France-Canada on. Posté dans Actualité

Article de Laurence Gallant pour Radio-Canada.

Après des années de recherche et d’expérimentation, des chercheurs viennent de trouver un organisme vivant dans le fleuve Saint-Laurent qui permettrait d’améliorer l’efficacité des traitements en chimiothérapie. Une découverte prometteuse du Centre de recherche sur les biotechnologies marines de Rimouski, le CRBM.

 Photo : Radio-Canada

Le professeur Amine Badri procède à des prélèvements sur la berge pour les analyser ensuite en laboratoire Photo : Radio-Canada

Le milieu marin est véritablement un coffre au trésor pour le directeur de la recherche et du développement au CRBM, Amine Badri. L’un des prélèvements qu’a faits le professeur sur les berges a révélé des propriétés insoupçonnées et fort prometteuses.

Amine Badri travaille sur une molécule qui est en mesure de stopper la prolifération des cellules cancéreuses du colon.

Actuellement, on vise la voie d’une molécule qui vient en soutien à des molécules en chimiothérapie.
Amine Badri, directeur de la recherche et du développement au Centre de recherche sur les biotechnologies marines de Rimouski

Bientôt testé sur les animaux

Les résultats de trois ans d’efforts sont si prometteurs que dès le mois prochain, l’équipe scientifique passera à une autre étape de recherche, hors des murs du CRBM. Des expériences préliminaires chez les animaux vont débuter cet été :

 Photo : Radio-Canada

Le chercheur Amine Badri Photo : Radio-Canada

Si ça s’avère positif, on va poursuivre les études à plus grande échelle avec les animaux. Et si c’est encore positif, on va passer à l’être humain après.
Amine Badri, directeur de la recherche et du développement au Centre de recherche sur les biotechnologies marines de Rimouski

Plusieurs étapes restent à franchir avant une éventuelle percée scientifique dans le traitement du cancer. Les chercheurs estiment être au tiers d’un processus qui prendra 12 à 15 ans, un processus mené dans un contexte de secret industriel.

Un secret bien gardé

Les scientifiques demeurent vagues, quand on leur demande d’où vient cette fameuse molécule anti-cancéreuse, preuve de l’importance des enjeux financiers et scientifiques en lien avec leur découverte.

Le secret cache pourtant un espoir bien réel qui provient du Saint-Laurent :

Lorsqu’on regarde le golfe du Saint-Laurent, il y a une richesse incroyable de substances dont beaucoup, beaucoup, beaucoup ne sont pas encore découvertes.
Guy Viel, directeur général du Centre de recherche sur les biotechnologies marines
Photo : Radio-Canada

Le CRBM a créé une fondation pour financer ce type de recherche un peu plus à risque. Photo : Radio-Canada

Pour Amine Badri, le fleuve possède un énorme potentiel. Et « ce n’est que la pointe de l’iceberg », affirme-t-il.

Selon les études, au moins 90 % du milieu marin demeure inconnu de l’homme.

« Il y a énormément d’avenir là-dedans », indique le professeur Badri. Un avenir lié aux richesses marines que l’on identifie de plus en plus comme l’économie bleue, dans laquelle le CRBM croit pouvoir se démarquer.