Tours 1998

Ecrit par Association Nationale France-Canada on. Posté dans Congrès et Réunions d'Automne

1998 : Congrès de Tours

 
PARCS ET JARDINS DE FRANCE ET DU CANADA
 
Interventions de :
  • M Jacques Lecomte, Président du Comité permanent et du Conseil National de protection de la nature, Président du comité scientifique du parc naturel régional Loire- Anjou-Touraine, Administrateur du Conseil scientifique du Parc des Cévennes jumelé avec le parc canadien de Saguenay ;
  • M Jean-François Seguin, Chef du Bureau des paysages au Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement – Direction de la Nature et des Paysages ;
  • Mme Linda Dicaire, Architecte-paysagiste principal de la Commission de la Capitale Nationale d’Ottawa, Membre du Comité des Jardins et sites historiques du Comité International des Monuments et Sites (ICOMOS) ;
  • Mme Barbara de Nicolay, organisatrice du  » week-end des jardiniers de Jardins et forêts « , fête des plantes et de l’art de vivre. Membre de l’Association des Parc botaniques de France.

Madame ROUX, Maire-Adjointe, représentant Monsieur Jean GERMAIN, Maire de Tours :

Après avoir souhaité la bienvenue aux Congressistes, Madame ROUX aborde directement le thème du Congrès en précisant que la Touraine a toujours privilégié l’art des Jardins, le Conservatoire National des Jardins de Chaumont sur Loire en étant une illustration tout à fait remarquable.

Le renouveau des espaces verts s’effectue par l’apport d’essences nouvelles, moins traditionnelles, et par des échanges semblables à ceux que nous aurons au cours de ce Congrès.

Ici-même, s’est tenu récemment un autre Congrès sur le thème des Jardins. Il s’agissait du Premier Congrès International autour de l’œuvre d’Édouard André, un architecte paysagiste et botaniste tourangeau qui a créé de nombreux jardins en Touraine et dans le monde entier, au siècle dernier, améliorant ainsi les paysages.

La Ville de Tours nous accueille avec plaisir et au nom du Maire et de la municipalité, elle nous souhaite un Congrès fait de débat fructueux et un agréable séjour.


Monsieur Jean DELANEAU, Vice-Président du Sénat, Président du Conseil Général d’Indre et Loire, Président de l’Association Nationale France-Canada :

Le Président de l’Association Nationale France-Canada accueille le Congrès et fait immédiatement remarquer, le hasard qui réunit ici, ce jour, le 48ème Congrès alors que le 24ème Congrès s’était déjà tenu à Tours, présidé par son prédécesseur, à la fois dans la vie politique et nationale, et à la tête de cette Association le député Pierre LEPAGE.

Monsieur Jean DELANEAU reprend l’idée exprimée précédemment par Madame ROUX en soulignant l’influence enrichissante que l’Homme a pu apporter à la Nature, tout au long des siècles, transformant des forêts plutôt inhospitalières en de magnifiques jardins, parcs et paysages.

Il met également en lumière le contraste très marqué entre l’immensité des territoires canadiens et l’intimité qu’a su créer leurs habitants afin de vivre dans un environnement plus à leur mesure.

Des lieux comme les Jardins Butchard à Victoria ou le Parc du Gouverneur Général Romé LEBLANC à Rideau Hall sont des exemples tout à fait remarquables de transformation de paysages en des lieux merveilleux.

Tout au long de ce Congrès, et tout particulièrement au cours de la Table Ronde qui réunit d’éminent spécialistes, on pourra comparer comment la tradition canadienne et la tradition française, chacune dans leurs pays respectifs, sont arrivées à créer des espaces verts extraordinaires.

Monsieur DELANEAU cède la parole à Monsieur Jacques ROY, Ambassadeur du Canada en France.


Son Excellence Monsieur Jacques ROY, Ambassadeur du Canada en France :

C’est un grand plaisir et un grand honneur pour mon épouse et moi-même de participer à votre Congrès à Tours.

Il y a un an, nous assistions à Vichy à un Congrès très réussi, organisé par Monsieur et Madame BRADEL. Nous y avions puisé des énergies nécessaires pour promouvoir tout au long de l’année qui a suivi les relations entre la France et le Canada.

Mon épouse et moi-même avons fait plusieurs voyages à travers la France pour rencontrer les associations locales de France-Canada. Chaque fois, nous avons été impressionnés par la dévotion, l’enthousiasme qui nous était manifesté pour accroitre toujours davantage les liens qui existent entre nos deux pays. Le point fort de ces voyages a été à Vimy lorsque nous avons célébré en Novembre 1997, le 80ème anniversaire de cette bataille où des soldats canadiens trouvèrent la mort. Ce fut l’occasion pour notre Gouverneur Général de venir en France et pour les autorités françaises de manifester leur reconnaissance au Canada. C’est toujours émouvant de savoir que 60.000 soldats canadiens sont enterrés dans 585 cimetières français. C’est un sujet de réflexions et cela donne un sentiment de soulagement de penser que nous pouvons vivre maintenant en paix grâce à ces jeunes qui sont morts sur une terre qu’ils ne connaissaient pas. C’est également grâce à tous les soldats venus de toutes les parties du monde que nous pouvons vivre libres.

Ces commémorations, il faut le dire plus nombreuses en France qu’ailleurs, contribuent à raviver les souvenirs que bien des gens de ma génération ou de générations plus jeunes pourraient oublier.

Un autre point fort s’est situé à Tours, lors d’une réunion annuelle où Madame de La ROCHEFOUCAULD et Madame BARATHON ont invité les participants à verser une contribution pour venir en aide aux victimes de la récente tempête de verglas qui s’est abattue sur le Québec, l’Est de l’Ontario et une partie du Nouveau Brunswick. La générosité a été exceptionnelle. Cela a fait boule de neige et grâce à l’Association Nationale France-Canada et ses différentes composantes, une somme a pu être réunie et versée à la Croix Rouge Canadienne. Ce fut une des plus importantes catastrophes naturelles du siècle dernier et les images qui nous sont parvenues étaient désolantes. C’est grâce à l’appui de personnes comme vous, ici et un peu partout à travers le monde que nous avons bénéficié de votre aide, mais je dois dire que la contribution de l’Association Nationale France-Canada a été exemplaire.

Je me permets d’exprimer des remerciements au nom de la population du Québec, de l’Est de l’Ontario et du Nord du Nouveau Brunswick. Merci beaucoup.

Nous sommes assemblés aujourd’hui pour un nouveau Congrès avec un thème qui va nous faire découvrir la différence entre les parcs de France et ceux du Canada.

Originaire de Gaspésie, je suis né dans un pays de grande nature, entre le fleuve St Laurent qu’on appelait la Mer et les monts Chic-Chocs, dans une vallée qui n’avait pas plus d’un demi kilomètre de largeur. Dans ma jeunesse, je faisais souvent le tour de la Gaspésie qui est presque aussi grande que la France, avec seulement 60.000 habitants. La nature et l’espace sont omniprésents. Depuis une vingtaine d’années, un parc y a été créé ; c’est le parc Forillon.

Si vous allez au Québec, je vous engage à visiter le Parc Forillon, à la pointe de la Gaspésie ; vous y découvrirez des paysages sensationnels ainsi que le Rocher Percé. Au cours de ma carrière, j’ai beaucoup voyagé et à chaque fois que je retourne au Canada, je fais le tour de la Gaspésie et vais revoir le Rocher Percé. Malgré tous les beaux paysages que j’ai pu admirer, en France notamment, je me dis : « Voici le plus beau paysage au monde ! » et vous engage à nouveau à aller voir le Rocher Percé.

Je vais maintenant laisser la parole à Monsieur le Préfet et souhaite le plus grand succès possible à ce Congrès réuni dans cette belle ville de Tours et cette salle absolument charmante.


Monsieur Préfet :

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier de me laisser la parole pour l’ouverture du 48ème Congrès France-Canada.

C’est avec beaucoup d’attention que nous avons écouté la plaidoirie de Monsieur l’Ambassadeur du Canada en France en faveur de la Gaspésie et que nous irons admirer le Rocher Percé.

Dans mes précédents postes et notamment à Béthunes, j’ai pu remarquer, ainsi que le signalait Monsieur l’Ambassadeur tout à l’heure, lors des cérémonies patriotiques qui nous rassemblaient autour des monuments aux morts, le nombre important de vos compatriotes ayant, au cours de la Première, puis de la Deuxième Guerre Mondiale, donné leur vie pour la défense de la Liberté aidant ainsi notre pays à se libérer de l’oppression.

Cela prouve que nos deux pays tout au long de leur histoire ont été très proches, qu’ils ont su conserver des liens d’amitié extrêmement resserrés. D’autres pays alliés à note cause sont venus également les rejoindre. Néanmoins, il y avait quelque chose d’extraordinaire dans le fait que ce pays lointain géographiquement ait donné à note pays ses combattants, ses hommes.

Quelque chose de plus puissant encore entre la France et le Canada réside dans le souvenir commun de nos racines ; c’est l’existence au sein du continent nord-américain d’un souffle ayant quelque chose de français.

C’est pourquoi les liens d’amitié des Associations France-Canada sont différents de ceux qui unissent la France à d’autres pays étrangers, car le Canada pour la France n’est pas un pays étranger. C’est beaucoup plus que cela. Quand on a eu le plaisir et la chance de se rendre au Canada, on ressent profondément l’impression d’être encore chez soi; une ville comme Montréal n’est-elle pas le symbole d’un carrefour de civilisations ?

Merci d’avoir pu depuis 48 ans perpétuer cette mémoire et ce cheminement, ensemble, à travers les Associations.

Cette mobilisation qui s’est manifestée dans les moments difficiles, comme celui que vous venez de traverser, vous pouvez continuer à compter sur elle avec une dimension d’amitié et de fraternité dans un monde qui est top souvent secoué par des mouvements désordonnés.

« La Nature, les Parcs et Jardins du Canada et en France » est le thème retenu pour ce 48ème Congrès. Au Canda, la Nature n’est pas top menacée par l’Homme en raison de la faible densité de sa population ; en France, la relation à la nature est difficile. Quand vous parlez de Parcs au Canada, il s’agit plutôt de Parcs dont vous cherchez à conserver le naturel, alors qu’en France, en Touraine, il s’agit plus de Jardins où la main de l’Homme a reconstitué ce qu’il ressentait dans la nature. L’un des plus beaux exemples de ces Jardins est celui du Château de Villandry où l’on a transformé le jardin potager de la Renaissance en une véritable oeuvre d’art, jardin d’agrément alliant l’utile à l’agréable.

Depuis quelques années, il y a une recherche en Touraine pour mettre en valeur les jardins, dans un but également touristique. Chaque année, le Festival International des Jardins se tient à Chaumont sur Loire ; il symbolise cette recherche de nouvelle expression des Jardins, associant des concepteurs venant de la France entière et de l’étranger. Le nombre de visiteurs est en constante augmentation. Ces Jardins sont la représentation même du rapprochement de la Nature et de l’Homme, de la Nature et de la Civilisation, de la volonté de l’Homme de donner à la Nature l’expression de ce qu’elle a de plus beau.

Quoi de mieux que d’avoir choisi ce thème pour le rapprochement de la France et du Canada :

L’amitié, la beauté, voilà ce que je souhaite comme symboles de notre rencontre pour le 48ème Congrès.

   

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