The book of Negroes : retour sur un chapitre oublié de l’histoire canadienne

Ecrit par Association Nationale France-Canada on. Posté dans Actualité

Vu sur ici.radio-canada.ca

La diffusion sur CBC de la série télévisée The books of Negroes, adaptée du roman de Lawrence Hill du même titre (publié sous le titre Aminata en français) enregistre des cotes d’écoute exceptionnelles.

Une scène de la minisérie télévisée « The book of Negroes » tirée du roman de Lawrence Hill.

Le premier épisode a attiré 1,7 million de téléspectateurs, et le deuxième, 1,3 million. Les épisodes, diffusés le mercredi à 21 h, sont également offerts en intégralité sur le site de CBC.


Le livre est paru en France sous le titre d’Aminata

Revue de presse

Lawrence Hill vit au Canada. Il est le fils de deux Américains. Un Noir et une Blanche. Dans ce roman, Aminata, il brosse avec un grand luxe de détails une épopée vertigineuse sur le commerce transatlantique des esclaves au XVIIIe siècle. C’est censé être écrit à la première personne du singulier par l’héroïne, Aminata Diallo, qui est à la fois issue des peuples peul et bambara. Elle serait née vers 1745, à Bayo, près de Ségou, dans ce qui est aujourd’hui le Mali. À l’âge de onze ans, elle est enlevée par des hommes de son propre peuple, puis, les fers aux pieds, le cou entravé, elle est acheminée durant trois mois avec tant d’autres jusqu’à « la grande eau » (la mer) et l’île de Bence… Le récit ne s’arrête pas là, puisque l’auteur, décidément, a choisi de faire d’Aminata le fil conducteur non seulement de l’histoire de la traite négrière mais aussi, en quelque sorte, l’accompagnatrice de plusieurs épisodes de la constitution des États-Unis d’Amérique, à ce moment précis où des colons britanniques se révoltent contre la couronne, dans le but d’acquérir l’indépendance… Il a mis plus de cinq ans à écrire ce livre car il a tenu à le nourrir d’une documentation exhaustive afin de ne pas être pris en défaut. Il s’est beaucoup inspiré d’ouvrages d’anciens esclaves racontant leur vie et de témoignages recueillis auprès de certains. Il est ainsi parvenu à donner à son récit un fond de véracité indéniable qui n’atténue jamais le souffle proprement romanesque de l’existence imaginaire et vraisemblable d’une rebelle magnifique. (Muriel Steinmetz – L’Humanité du 31 mai 2012 )