Livres sélectionnés pour le Prix France-Canada 2016

Ecrit par Association Nationale France-Canada on. Posté dans Activités culturelles

  • Le club des miracles relatifs” de Nancy Huston, chez Actes Sud
  • The Age” de Nancy Lee, chez Buchet-Chastel
  • Les Étoiles s’éteignent à l’aube” de Richard Wagamese, chez Zoé
  • Invisible sous la lumière” de Carrie Snyder, chez Gallimard
  • Ceux qui RESTENT” de Marie Laberge chez Stock
Présentation de ces livres sélectionnés :

Le club des miracles relatifs

Le club des miracles relatifs de Nancy HUSTON

Varian est un garçon singulier, doté d’une intelligence rare et d’une mémoire sans faille. Malgré l’amour de sa famille, il s’isole dès sa petite enfance. Hypersensible, surdoué et peu viril, il est vite en danger au lycée et devient un jeune homme compulsif, impuissant, obsédé.

Quand son père, depuis toujours marin pêcheur, doit quitter le foyer pour aller chercher du travail dans l’Ouest, quand sa mère demeurée sans nouvelles perd tout sens du réel, Varian, lui, est aux prises depuis longtemps déjà avec les voix qui parasitent et colonisent son cerveau.

Et c’est dans cet état, tout à la fois vulnérable et violent, qu’il part à la recherche de son père. Diplômé, il est facilement embauché sur le site de Terrebrute, au coeur même d’une région déchiquetée par de gigantesques opérations d’extraction pétrolière.

Là, Varian fait la connaissance de deux activistes écologistes…

Le Club des miracles relatifs est l’histoire de la confrontation entre deux formes de monstruosité, l’une humaine, l’autre post-humaine.

Un livre qui explore avec force une société inimaginable, mais déjà là.


The Age

 The Age de Nancy LEE

Traduit par Sarah Gurcel Vermande (Langue d’origine : Anglais – Canada)

Nous sommes en 1984, en pleine guerre froide, et alors qu’un navire de guerre soviétique sillonne l’Atlantique Nord, la jeune Gerry cherche sa place dans le monde et chez elle : sa mère entame une nouvelle vie amoureuse avec un drôle de type et l’adolescente ne se remet pas du départ de son père qu’elle tente vainement de remplacer en fréquentant assidûment son grand-père paternel, un ancien présentateur de télé un brin excentrique. Alors que la menace nucléaire grandit, Gerry s’engage corps et âme auprès d’un charismatique groupe d’activistes. Des actions violentes sont prévues lors d’une manifestation pacifique : entre rêveries postapocalyptiques et réalité, la tension monte et poussera bientôt Gerry à confronter les démons qui la tenaillent.

Un beau roman d’apprentissage qui saisit la fragilité de la condition adolescente, ce point de basculement vers tous les possibles, y compris les plus effroyables.


Les Étoiles s'éteignent à l'aube

Les Étoiles s’éteignent à l’aube de Richard WAGAMESE

Traduit par Christine Raguet (Langue d’origine : Anglais – Canada, Medicine Walk)

Lorsque Franklin Starlight, âgé de seize ans, est appelé au chevet de son père Eldon, il découvre un homme détruit par des années d’alcoolisme. Eldon sent sa fin proche et demande à son fils de l’accompagner jusqu’à la montagne pour y être enterré comme un guerrier. S’ensuit un rude voyage à travers l’arrière-pays magnifique et sauvage de la Colombie britannique, mais aussi un saisissant périple à la rencontre du passé et des origines indiennes des deux hommes. Eldon raconte à Frank les moments sombres de sa vie aussi bien que les périodes de joie et d’espoir, et lui parle des sacrifices qu’il a concédés au nom de l’amour. Il fait ainsi découvrir à son fils un monde que le garçon n’avait jamais vu, une histoire qu’il n’avait jamais entendue.

(…) Les étoiles s’éteignent à l’aube. Transmission, en un souffle, de la beauté puissante de la nature sauvage et de la complexité des vies humaines, à lire d’une traite, parfois les larmes aux yeux, frappé par l’écriture concise, forte et juste. L’auteur, Richard Wagamese appartient comme ses personnages à la nation objiwé et a déjà écrit une dizaine de livres. Son dernier roman paru est le premier traduit en français, dans la collection « écrits d’ailleurs » qui édite des textes d’auteurs anglophones qui « ont pour point commun d’avoir une double culture, et une écriture riche de métissages ».


Invisible sous la lumière

Invisible sous la lumière de Carrie SNYDER

Traduit par Karine Lalechère (Langue d’origine : Anglais – Canada, Girl Runner)

Après avoir couru toute sa vie, Aganetha Smart, aujourd’hui centenaire, vit dans un hospice où elle ne quitte plus son fauteuil roulant. Lorsqu’un duo d’inconnus l’emmène, prétextant la réalisation d’un documentaire sur sa carrière sportive, la vieille dame se doute que ce n’est pas le seul motif de leur visite.

Lors de cette excursion qui se transforme en voyage dans le temps, Aganetha s’égare entre passé et présent, revivant ses souvenirs les plus marquants. La vie à la ferme aux côtés de son frère et de ses sœurs, la guerre impitoyable et les maladies soudaines qui frappent sa famille, mais surtout la découverte d’une passion qui l’aide à affronter tous les drames : la course. Cette passion grâce à laquelle elle rencontre l’amour et l’amitié, et qui lui fera vivre son heure de gloire lors des Jeux olympiques de 1928.

Carrie Snyder nous plonge dans le destin tourmenté de cette femme athlète dont la performance historique marque profondément le monde du sport des années 1920. Avec force et délicatesse, elle entraîne le lecteur dans une course haletante sans que sa voix ne s’essouffle jamais, aux côtés d’Aganetha qui, elle, court sans espérer accomplir un exploit mais pour se donner le courage de vivre.


Ceux qui RESTENT

Ceux qui RESTENT de Marie LABERGE

En avril 2000, Sylvain Côté s’enlève la vie, sans donner d’explications ni à sa famille ni à ses amis. Il ouvre une trappe sous chacun des siens. Ce garçon jeune à qui tout semble réussir disparaît et nul ne comprend.

Des années plus tard, sa femme Mélanie s’accroche à leur fils Stéphane, aujourd’hui devenu un fier jeune homme qui s’égare ; son père Vincent est parti vivre près des arbres muets ; sa mère Muguette a laissé échapper le peu de vie qui lui restait. Seule la si remuante et désirable barmaid Charlène, sa maîtresse, continue de lui parler de sexe et d’amour depuis son comptoir.

Ce n’est pas tant l’intrigue, si bien menée dans ce suspense psychologique, qui fait la puissance hypnotique du roman de Marie Laberge. Écrivain et dramaturge, elle joue à mettre en scène. Elle place l’absence de Sylvain, présente jusqu’à la douleur, au centre d’une ronde des ses personnages, qui parlent, se déchirent, s’esquivent, dans une langue chahutée, turbulente, hérissée comme une bête, qui charrie les émotions et les larmes, les soleils et les banquises, atteignant le lecteur au cœur. « Je vais vivre, quel qu’en soit le prix. Je vais vivre, quel que soit le poids de mon cœur privé de toi. »