Le Canada aussi s’empare de la lutte antigaspi

Ecrit par Association Nationale France-Canada on. Posté dans Actualité

Article de Julie Vandard pour L’Info Antigaspi

Les pays qui engagent des procédures législatives ou mettent en place des politiques publiques contre le gaspillage alimentaire sont de plus en plus en nombreux. Après Kerry McCarthy (dont le projet de loi passe en seconde lecture cette semaine) au Royaume-Uni, et Chellie Pingree pour les Etats-Unis, le Canada rejoint le club.

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La députée Ruth Ellen Brosseau

La députée de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, a déposé un projet de loi privé à la Chambre des Communes, pour faire du 16 octobre la journée nationale de lutte contre le gaspillage (comme en France),  et élaborer une stratégie nationale de lutte contre le gaspi.

Dans une interview à La Presse, la députée du Nouveau parti démocratique (NPD), dit « s’être inspirée du modèle français ». Elle explique aussi que Justin Trudeau (le Premier Ministre canadien) a demandé à Lawrence MacAulay, le ministre de l’Agriculture canadien, « d’élaborer une stratégie alimentaire » mais que ce plan « n’incluait pas d’avoir une partie pour le gaspillage alimentaire ». Elle plaide également pour améliorer les dons notamment en ce qui concerne la viande, et cite en exemple Moisson Montréal (dont je vais vous parler ici-même très bientôt).

Une première étape avant un plan plus large ?

Dans son préambule, Ruth Ellen Brosseau rappelle qu’en 2014, le gaspillage alimentaire a causé « environ 107 milliards de dollars de pertes économiques », que « les Canadiens envoient annuellement à l’enfouissement et au compostage l’équivalent d’environ 31 milliards de dollars en nourriture » et que « plus de 6,3 millions de tonnes de denrées alimentaires sont gaspillées annuellement, soit 183 kg par habitant ». En 2015, Chaque mois, plus de 850 000 Canadiens, « dont 36% sont des jeunes et des enfants », ont eu recours aux banques alimentaires pour se nourrir. La députée souhaite donc que son pays lutte activement contre le gaspi qui « se produit surtout chez les fabricants de produits alimentaires transformés, les commerçants et les consommateurs ».

Concernant la stratégie nationale, la députée veut mettre le ministère de l’Agriculture canadien en première ligne afin qu’il coordonne l’action avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, ainsi qu’avec les « intervenant des milieux de l’agriculture et de l’agroalimentaire ». Elle propose plusieurs mesures à mettre en œuvre :

  • sensibiliser la population au gaspillage alimentaire par le biais d’une campagne nationale
  • mettre en place les outils nécessaires pour permettre aux consommateurs de diminuer le gaspillage alimentaire
  • faciliter les dons, par le secteur privé, de produits imparfaits mais propres à la consommation aux organismes communautaires et aux banques alimentaires
  • examiner divers moyens pour réduire l’impact sur l’environnement de la production de ressources alimentaires non consommées
  • établir des cibles de réduction du gaspillage alimentaire.

Ruth Ellen Brosseau propose que dans les six mois après la promulgation de la loi, le ministre de l’Agriculture « convoque une conférence avec les représentants des gouvernements provinciaux et territoriaux responsables de l’agriculture et de l’agroalimentaire, ainsi que des intervenants des milieux de l’agriculture et de l’agroalimentaire, dans le but d’élaborer la stratégie nationale ».  La loi serait donc une première étape avant une réflexion plus globale et la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre le gaspillage.

Un débat devant les députés en mars ?

Ruth Ellen Brosseau a donc déposé et procédé à la première lecture de son texte mercredi 24 février. Son texte va maintenant être examiné par un comité (comme en France, le texte passe d’abord par une commission avant d’être débattu dans l’hémicycle). Il sera ensuite soumis au débat à la Chambre. Selon La Presse, les députés pourraient débattre du texte en mars.