Hyperloop : la France accueille le train supersonique

Article de Véronique Guillermard pour Le Figaro

La start-up canadienne Transpod a choisi le village de Droux, en Haute-Vienne, pour y installer un centre de recherche et développement et une piste d’essais de son futur train supersonique. L’entreprise a été démarchée par un collectif d’entrepreneurs et d’élus locaux.

Imaginé par Elon Musk en 2013, Hyperloop, le train supersonique du futur, prend forme… en France. La start-up canadienne Transpod a choisi le village de Droux, situé à 50 kilomètres de Limoges (Haute-Vienne), pour y installer un centre de R&D et une piste d’essais. La société déposera, vendredi 10 août, «une demande de permis de construire auprès de la préfecture de la Haute-Vienne», précise Sébastien Gendron, cofondateur et PDG de Transpod.

La start-up, née en 2015 à Toronto, a opté pour Droux après avoir été démarchée par un collectif d’entrepreneurs et d’élus locaux désireux d’attirer «des projets innovants et capables de braquer les projecteurs du monde entier sur notre région», selon les mots de Vincent Léonie, premier adjoint au maire et président de l’association Hyperloop Limoges. Mais parmi les 400 habitants de ce calme petit village français, certains s’inquiètent d’une possible «pollution visuelle et sonore». Ils ont obtenu qu’une étude d’impact environnemental soit lancée avant que Transpod ne s’installe. La start-up prévoit de construire une piste d’essais sur pylônes de 3 kilomètres, le long d’une ancienne voie ferrée, sur un terrain mis à disposition par les autorités locales. Elle servira à «tester en conditions réelles et à échelle un demi la technologie Hyperloop développée par Transpod», explique Sébastien Gendron. Si tous les feux verts sont obtenus, les travaux, estimés à 21 millions d’euros, commenceront dès 2018. Le canadien finance ce projet après avoir levé 50 millions d’euros auprès d’investisseurs privés internationaux, dont des industriels français.

Une première ligne commerciale en 2030

Transpod ambitionne d’ouvrir une première ligne commerciale de 1 000  kilomètres en 2030. Elle n’est pas la seule start-up engagée dans cette course. Faire voyager des passagers installés dans des capsules propulsées par sustentation magnétique à l’intérieur d’un tube sous vide, à la vitesse du son (1 224 km/heure), soit plus vite qu’un avion de ligne: l’idée un peu folle d’Elon Musk a fait des émules. Parmi les projets en lice, une poignée a atteint le seuil critique des essais et de la construction des premiers prototypes. Parmi les plus avancés, le projet porté par l’américain Hyperloop One de Virgin Galatic, la société spatiale de Richard Branson. Elle est la seule à avoir testé le concept sur une piste d’essai installée dans le désert du Nevada. Mais la capsule n’a atteint que 387 km/h, soit moins que le record de vitesse du TGV (574,8 km/heure).

L’autre projet très avancé est celui du californien Hyperloop Transportation Technologies (TT). Comme Transpod, il a choisi la France pour installer deux pistes d’essais et un centre de recherche. Plus précisément l’ancienne base militaire de Francazal, à Toulouse, capitale européenne de l’aérospatiale. Depuis mai dernier, l’espagnol Carbures, un sous-traitant d’Airbus et partenaire d’Hyperloop TT, livre les éléments des deux premiers prototypes. L’assemblage des premiers «tubes» a commencé.

Cofondée et dirigée par Bibop Gresta, la société a déposé plus de quarante brevets et signé une douzaine d’accords commerciaux avec plusieurs pays dans le monde. Dernier en date, l’Ukraine cet été. Pour Hyperloop TT, l’épreuve de vérité aura lieu en 2020 avec la mise en service, en première mondiale, d’un premier tronçon de 10  kilomètres à Abu Dhabi, dans le cadre de l’Exposition universelle.