Fin de l’hiver ? Dissension chez les marmottes …

Ecrit par Association Nationale France-Canada on. Posté dans Actualité

Vu sur  La Presse Canadienne la Presse Canadienne

WIARTON, Ont. — Pendant que le centre et l’est du pays affrontaient un cocktail de poudrerie et de froid intense tout ce qu’il y a de plus hivernal, lundi, les deux «marmottes vedettes» de la météo canadienne se sont contredites sur la suite des choses.

marmotteLa marmotte ontarienne «Willie» n’a pas vu son ombre en sortant de chez elle, lundi matin, ce qui signifie qu’il y aura six autres semaines d’hiver, selon le folklore populaire. Par contre, «Shubenacadie Sam», en Nouvelle-Écosse, n’a rien vu en mettant le museau dehors, augure d’un printemps précoce.

Aux États-Unis, la fameuse marmotte «Phil», en Pennsylvanie, a, elle, vu son ombre en sortant de son terrier, prophétisant un hiver plus long dans ce coin de pays. Il faut dire que depuis 1887, les marmottes nommées Phil ont vu leur ombre 102 fois — sur 127 sorties à la fenêtre.

À Wiarton, en Ontario, «Willie» semblait encore ébranlée, lundi matin, d’avoir été dérangée dans son hibernation, la veille. Recluse dans son petit cube de verre, elle tentait de trouver un peu de chaleur dans sa litière de paille. La petite ville du sud de l’Ontario, elle, était fébrile, comme tous les 2 février, d’entendre le verdict de leur «miss météo». Cette année, les résidents étaient en plus ravis de constater que leur vedette locale se faisait plus optimiste que ses deux cousines.

«À mon avis, les deux autres ne savent pas de quoi elles parlent», a lancé avec fierté la mairesse de Wiarton, Janice Jackson.

L’an dernier, c’est d’ailleurs «Willie» qui a été la seule à ne pas se tromper dans sa prévision, en annonçant un hiver plus long. De fait, le Canada a été balayé par un «vortex polaire» qui a prolongé l’hiver encore et encore.

Environnement Canada, qui regarde cette concurrence avec un sourire, a déjà prédit pour cette année un mois de février plus froid que la normale. Interrogé sur la prédiction de «Willie», le climatologue en chef, Dave Phillips, répond, humble: «Sa moyenne au bâton n’est pas extraordinaire, mais bon! La nôtre non plus…»


Les origines du Jour de la marmotte :

jour de la marmotteTORONTO — Qu’ont en commun une tradition chrétienne européenne et une tendance migratoire américaine du XIXe siècle ? Ils ont tous deux contribué à faire de la marmotte le prophète météo le plus populaire d’Amérique du Nord.

Tous les 2 février, des foules se rassemblent autour des terriers de Wiarton Willie (Ontario), Punxsutawney Phil (Pennsylvanie) et autres Fred (Gaspésie) pour savoir s’ils verront leur ombre à la sortie. La légende veut que si c’est le cas, l’hiver dure encore six semaines. Sinon, le printemps est à nos portes.

Les origines de cette sympathique tradition remonteraient à plusieurs siècles. Selon Chris Scott, météorologue en chef chez MétéoMédia, le Jour de la marmotte date de l’Europe médiévale. À l’occasion de la fête de la Chandeleur, les chrétiens allumaient des chandelles et observaient les conditions météo pour tenter de prédire celles des jours à venir. Un dicton résume leurs prédictions : «Si la chandelle est belle et claire, nous avons l’hiver derrière.»

Selon Chris Scott, ce vieux proverbe a un fond de vérité, mais les tendances météorologiques de l’Europe sont très différentes de celles de l’Amérique du Nord. Il souligne que les marmottes ont été ajoutées à la légende avec le temps, car leur période d’hibernation les amène à sortir de leur terrier à l’époque de la Chandeleur.

L’arrivée de cette tradition sur le continent américain serait liée à l’immigration des colons allemands aux États-Unis au cours du XIXe siècle. Ils ont adapté la tradition de la Chandeleur à leur nouveau pays et choisi de faire confiance aux marmottes américaines pour prédire la suite de l’hiver. À Punxsutawney, en Pennsylvanie, la première cérémonie officielle du Jour de la marmotte s’est tenue en 1888.

Au Canada, la première «prédiction» s’est déroulée en 1956 à Wiarton, en Ontario. Mac McKenzie y cherchait un prétexte pour organiser une fête et à rédigé ses invitations sous forme de communiqué de presse. Quand un journaliste de Toronto s’est intéressé à l’évènement, il a dû improviser. La marmotte originale de la ville, Willie, est décédée en 1999. Elle a été remplacée par Wee Willie, puis par We Willie 2, responsable de la prédiction cette année.

La tradition a connu un regain de popularité en 1993 après la sortie du film américain Groundhog Day (Le Jour de la marmotte).