Cyclisme à Toronto : un changement radical depuis quelques années

Ecrit par Association Nationale France-Canada on. Posté dans Actualité

Photo : Jenna Reid/CBC

De plus en plus de Torontois utilisent le vélo pour se rendre au travail Photo : Jenna Reid/CBC

Dans le magasin de sport MEC, au centre-ville de Toronto, le vendeur Spencer Bryant-Longo n’a jamais vu autant de néophytes acheter des vélos.

« Durant les cinq dernières années, j’ai vu la différence. Chaque année, il y a une augmentation de vélos sur les routes, et je vois par leur comportement que ce sont des cyclistes qui n’ont pas beaucoup d’expérience. Il y a parfois tout autant de congestion pour les cyclistes que pour les voitures. »

L’an dernier, environ 1000 personnes s’étaient inscrites sur le site internet de la Journée du vélo pour se rendre au travail. Cette année, le compteur a dépassé les 2600 inscriptions.

Par ailleurs, selon l’Enquête nationale auprès des ménages, le taux d’utilisation du vélo comme moyen de transport est passé de 1,3 % à 2,2 % de 2001 à 2012 selon la Ville.

Le rôle clé des pistes cyclables séparées

Plusieurs sondages montrent que de nombreux Torontois veulent se mettre au vélo, mais ne se sentent pas suffisamment en sécurité sur les routes de la métropole.

Pour Yvonne Bambrick, cycliste vétéran et auteure du Urban Cycling Survival Guide, la construction de ces pistes détachées est l’élément crucial pour faire de Toronto une ville cyclable.

Beaucoup de Torontois veulent se mettre au vélo, mais ils ont peur. Avoir des pistes cyclables, ça change les mentalités, ça nous invite à prendre le vélo, ça nous garde en sécurité.
Yvonne Bambrick – cycliste et activiste

Un sondage Angus publié en mai révèle que 86 % des Torontois sont en faveur d’un circuit de vélo plus sécuritaire en ville.

Plus de la moitié des 1600 personnes interrogées expriment un sentiment d’urgence en ce sens.

 Photo : ICI Radio-Canada (Archives)

Les pistes cyclables encouragent l’utilisation du vélo, selon les sondages Photo : ICI Radio-Canada (Archives)

Et le résultat est sans équivoque : sur quatre de ces pistes récemment aménagées dans le centre-ville, le nombre moyen de vélos a triplé.

Nombre de vélos moyens
  • Sherbourne : 1200 vélos par jour en 2012 – 3500 en 2014
  • Richmond : 500 en 2014 – 1300 en 2015
  • Adelaide : 550 en 2014 – 1575 en 2015
  • Queen’s Quay : 50 en 2007 – 400 en 2015
Source : ville de Toronto
 

La fin de la « guerre contre les voitures »

Toronto est en retard par rapport à d’autres villes, selon le conseiller municipal Mike Layton, fer de lance du cyclisme à l’hôtel de ville. Il affirme toutefois que les cyclistes et les associations commencent à convertir les élus que les routes sont faites pour être partagées.

Quand l’ancien maire Rob Ford et d’autres conseillers parlaient de guerre contre la voiture, les discussions n’avançaient pas.
Mike Layton – conseiller municipal

Cette mentalité est toujours présente, dit-il, mais à moindre mesure. L’inquiétude selon laquelle les vélos enlèvent de l’espace aux voitures et créent de la congestion disparait peu à peu, affirme-t-il.

Tout n’est pas gagné pour les cyclistes de Toronto, toutefois.

Le plus récent débat sur la création du projet pilote d’une piste cyclable sur la rue Bloor a fait rage pendant des années avant d’être approuvé.

Cependant, selon Yvonne Bambrick, pour avoir la preuve que les mentalités changent à l’hôtel de ville, il suffit de regarder le résultat du vote pour ce projet : 38 conseillers ont voté en faveur et 3 contre.

« Il y a cinq ans, le vote aurait été bien plus serré. Les mentalités plus conservatrices comprennent que si on veut être une ville moderne, les rues ne peuvent plus être réservées uniquement aux automobiles. »