Carnet de voyage : Un hiver à Montréal

Ecrit par Association Nationale France-Canada. Posté dans Actualité, Partage expériences

couve_un_hiver_a_montreal

Le carnet de voyage d’un jeune français de 24 ans, loin de chez lui, au cœur d’un Québec qui sert de support et de décor à une expérience somme toute très intime.Arbre_un_hiver_a_montreal

Un exercice de méditation d’une personne face à elle-même : qui suis-je et que vais-je faire de ma vie ?

Il relate tous ces instantanés de vie quotidienne, de rencontres, de la condition de l’étudiant étranger, de découverte du non-connu.

Un témoignage d’une expérience marquante de jeunesse.

C’est l’histoire d’

Création d’entreprise au Canada

Ecrit par Association Nationale France-Canada. Posté dans Partage expériences

Mais là, je ne suis d’humeur ni curieuse ni touristique. Et puis, aujourd’hui, la météo n’est pas de la partie. Je suis surtout tenté par l’idée de me mettre au sec et par l’envie de m’acheter quelque chose à manger.

 

 

Je me dirige vers l’escalator qui me mène au niveau -1, dans la « food court » (espace restauration) du bâtiment. Arrivé en bas, je regarde les stands de restauration rapide qui s’offrent à moi, des stands de toutes les couleurs alignés en arc de cercle. Je suis au centre d’une concurrence féroce où s’affrontent sandwiches et autres plats à emporter. C’est moi qui suis au milieu de l’arène. L’embarras du choix me dévore. Et là, parmi les enseignes de fast-food nord-américains et de traiteurs asiatiques qui m’entourent, je crois apercevoir comme un… oui… comme un coin de France. A quelques pas de moi, une enseigne lumineuse affiche « Et Voilà ! »…

 

 

Intrigué, je me dirige vers ce stand. Derrière le comptoir, un jeune homme s’active entre réfrigérateur et galettières, larges plaques de cuisson noires comme des disques en vinyle. Je lève les yeux et regarde le panneau des menus. Il y est question de crêpes et de galettes aux noms évocateurs, familiers, et pour le moins exotiques dans cette partie du monde : Rennes, Toulouse, Nice, Saint-Tropez, Orléans… Les pieds à Vancouver, mes yeux voient la France. L’estomac dans les talons, j’ai l’esprit qui s’envole à des milliers de kilomètres… Le jeune homme pose sa création dans une assiette en carton et, tout sourire, tend à la cliente une appétissante crêpe brun-doré: « Et voilà Madame! Bon appétit ! ».

 

 

Sûr il est Français ! Je crois même repérer dans sa voix un léger accent du sud ouest de la France. Des questions, comme des réflexes, me frappent l’esprit : « Que fait-il là ? Comment est-il arrivé ici ? ». Je m’avance à mon tour pour prendre commande. Je lui adresse un bonjour qui ne laisse aucun doute. Il découvre sans peine le Français qui se présente alors devant lui. Il me demande ce qui me ferait plaisir et rapidement nous engageons la conversation sur la raison de notre présence à Vancouver.

 

 

Il s’appelle François et voici son histoire de la France vers le Canada…

François :

J’ai 32 ans, je suis marié et j’ai une fille de 20 mois. Je suis originaire de la région de Bordeaux.

Je suis arrivé au Canada, ici à Vancouver, en novembre 2005. Ma femme et moi sommes devenus Résidents Permanents en novembre 2007.

 

 

Et entre 2005 et 2007, quel était ton statut au Canada ?

J’avais ce que l’on appelle le « Spouse Visa », c’est-à-dire que j’étais sur le visa de travail de ma femme.

 

Tu as récemment créé ton entreprise à Vancouver.

Peux-tu nous raconter brièvement ton parcours, formation initiale et expériences professionnelles ?

J’ai initialement une formation de Cuisinier. Je suis passé par une formation en CAP et en BEP, formation que j’ai ensuite complétée par un Bac Professionnel en Apprentissage. J’insiste sur l’Apprentissage car il s’agit d’une formation liant l’enseignement à l’école et la formation pratique en entreprise. J’ai voulu être cuisinier depuis l’âge de 12 ans. Je me souviens que je voulais travailler avec le pâtissier de mon village, il était séduit par ma motivation et prêt à me recruter ne serait-ce que pour me former au métier. Malheureusement ça n’a pas été possible du fait de mon âge. Je n’avais alors en effet que 14 ans. A cet âge-là, on ne parle pas de travail, juste voir et lécher les spatules ! Et puis, en-dehors d’un contrat d’apprentissage (c’était avant mon apprentissage en Bac Pro), il n’était pas possible de travailler en France en-dessous de l’âge de 16 ans pour des raisons d’assurance. Cela a été une grande frustration. Une frustration oui, mais sans colère car, à ce moment-là, je n’avais pas conscience que cela était lié au marché du travail tel qu’il existait en France à cette époque. C’est ensuite à Bordeaux et dans le Pays Basque que j’ai appris, sur le tas, à faire de la pâtisserie.

 

En-dehors de la France, avais-tu déjà acquis des expériences à l’étranger avant de venir t’établir au Canada, à Vancouver ?

En fait, j’ai découvert le Canada il y a 15 ans, en 1993. J’avais alors 16-17 ans. J’étais parti un an dans le cadre d’un programme d’échange. J’avais alors passé une année en Nouvelle-Ecosse, une province de l’Est canadien.

Après ça, et plus récemment, j’ai travaillé aux Etats-Unis (en Californie) pendant 5 ans et ensuite au Japon pendant 2 ans. A chaque fois, c’était dans le domaine de la cuisine.

En Californie, à San Francisco, je travaillais en tant que pâtissier dans un hôtel de la chaîne de luxe Ritz-Carlton ; ça a duré un an.

Ensuite, j’ai ouvert mon premier restaurant en tant que « chef partner » c’est-à-dire en partenariat avec une autre personne. Il s’agissait d’une crêperie bretonne. En gros, mon partenaire m’a dit « Tiens, voilà les clés. Maintenant, à toi de jouer ! ». Je n’avais alors que 24 ans. J’avais 8 personnes sous mes ordres. Je suis très reconnaissant à l’égard de ce partenaire car il m’a véritablement fait confiance. Qui, en France, peut accorder autant de confiance à un jeune de 24 ans ? Ensuite, mon partenaire et moi avons ouvert deux autres restaurants.

 

Qu’est-ce qui t’a motivé à partir vivre au Canada ?

Au début, rien ne me prédestinait ou me motivait à m’établir ici, en Colombie-Britannique. Il s’agit en fait d’un concours de circonstances, d’une suite d’opportunités qui nous ont faits, ma femme et moi, nous installer à Vancouver.

 

T’est-il arrivé de vivre des situations de discrimination, positive et/ou négative, du fait de ton accent français ou de ta nationalité ?

Ici, les gens font la distinction entre les Français de France et les Canadiens Français (les ‘French Canadian’ comme on les appelle et provenant notamment du Québec). Etre Français de France est un avantage, oui, mais pas un passe-droit. L’accent français est ici très apprécié !

 

Tu as vécu en France, aux USA et tu vis maintenant au Canada.

Concernant ces 3 pays, leur mode de vie respectif, leur « monde de l’entreprise », leur « marché du travail », les mentalités rencontrées, quelles sont les principales différences entre le Canada, les USA et la France ?

Pour répondre globalement à ces questions, je dirais que, en Amérique du Nord, si tu as la volonté et l’énergie, tu peux y arriver même sans les diplômes. Lors de mon expérience aux Etats-Unis, je me suis rendu compte, pour l’avoir moi-même vécu, que l’on faisait plus simplement confiance aux jeunes qu’en France et qu’on leur donnait plus facilement la chance et les opportunités de progresser vraiment et rapidement. En fait, dans mon cas, j’ai pu réussir en Amérique du Nord ce que je n’aurais pas pu réussir en France.

 

Peux-tu nous parler de « Et Voilà ! », l’entreprise que tu as créée à Vancouver ?

J’ai ouvert ce stand fin avril 2008. La réalisation du projet a nécessité 6 mois de recherche et de préparation. En parallèle de la création du stand, j’ai travaillé en tant que prof de pâtisserie et en tant que manager d’un coffee shop.

Actuellement, j’emploie une personne pour m’aider à tenir le stand et à m’occuper des clients.

 

Quels sont les formalités et les obstacles rencontrés pour créer ton entreprise en Colombie-Britannique ?

Quelles sont les aides provinciales, gouvernementales, consulaires (Consulat de France, Chambre de Commerce) dont tu as pu bénéficier pour créer ton entreprise ?

En fait, il y a très peu d’obstacles à la création. Le plus dur a été de trouver l’emplacement pertinent pour mon magasin.

Le plus dur aussi quand on veut monter un business ici (je parle de la Colombie-Britannique), c’est de faire comprendre à un Canadien que, bien qu’étant un étranger, tu peux faire tourner une affaire.

Financièrement, j’ai eu l’aide de ma famille. L’investissement nécessaire pour créer mon affaire était prêt avant que je me lance.

Pendant mes recherches, j’ai appris qu’il existe deux possibilités de prêt garanti par le gouvernement fédéral :

– un pour les personnes de moins de 35 ans

– un autre pour l’investissement en matériel.

J’aurais pu bénéficier de l’un de ces deux programmes mais aucun ne s’inscrivait dans les plans que je me suis fixé.

Lors du montage du projet, je suis allé voir le Pôle d’Expansion Economique et la Maison de la Francophonie. J’ai compris qu’ils n’étaient pas intéressés par mon projet, notamment du fait de sa taille relativement modeste. Et puis, il y a beaucoup de candidats qui désirent se lancer dans la restauration et la gastronomie.

Concernant le Consulat Général de France et la Chambre de Commerce Franco-Canadienne, je ne suis pas allé les voir. Les réponses obtenues auprès du Pôle d’Expansion Economique et de la Maison de la francophonie m’avaient suffi.

Suite à tout ça, j’en suis arrivé à la conclusion que, si tu es étranger (Français en ce qui me concerne) et que tu as besoin d’argent pour avancer, tu peux l’avoir. Mais ce sera principalement auprès des investisseurs privés, lesquels prêtent plus facilement que les banques canadiennes à des particuliers venant de l’étranger.

 

Donc, pour synthétiser tout ça, un jeune entrepreneur motivé peut arriver à trouver un soutien financier auprès des investisseurs privés ou en faisant appel à l’un des programmes de prêt garanti par le gouvernement canadien. C’est bien ça ?

Oui. Avec une mise de départ personnel, tu peux trouver des investisseurs.

Et puis, en ce qui concerne mon entreprise, le montage du projet a surtout consisté en un véritable travail d’équipe. Une équipe constituée de ma femme et d’un couple d’amis qui eux-mêmes travaillent dans le design et le marketing. Tous m’ont donné un important coup de main : création du visuel du magasin, élaboration du logo, conception et réalisation du panneau des menus, définition de certains points marketing, nettoyer et repeindre le local, le rendre fonctionnel, présentable et accueillant. Seul, je n’y serai pas arrivé.

Il y a tellement de choses à penser, à prendre en compte, qu’il faut vraiment s’entourer de personnes aux compétences différentes et complémentaires.

D’ailleurs, concernant les démarches à effectuer auprès des organismes fédéral et provincial, c’est mon avocat qui s’en est chargé.

Pour créer la compagnie en elle-même, c’est-à-dire pour lui donner une existence juridique, je n’ai eu à dépenser que 1000 dollars canadiens.

 

Quels sont, en Colombie-Britannique, les facteurs de réussite et de progression que tu as pris en considération pour créer et développer ton entreprise ?

En Colombie-Britannique, il y a une certaine santé économique, un besoin évident de consommation. Pour simplifier, c’est comme une vague sur laquelle je peux surfer.

 

Cette création d’entreprise aurait-elle été possible en France ?

Je ne sais pas si cela aurait été possible ou non en France, mais cela aurait été beaucoup plus contraignant. J’en suis convaincu, intimement persuadé. Et puis les charges salariales sont ici beaucoup moins élevées qu’en France, ce qui aide beaucoup à faire progresser le business.

En France, dans la restauration, il ne faut pas avoir d’employé si tu veux que ça marche.

 

Ton activité a-t-elle été affectée par la crise financière internationale de ces derniers mois ?

Je sens que les gens sont en train d’économiser sur leur repas du midi. Je constate qu’il y a, dans la « food court » où se trouve mon magasin, moins de monde qu’il y a 5 mois, c’est évident.

 

Quels conseils donnerais-tu à une personne Française souhaitant monter sa propre affaire en Colombie-Britannique ?

Ce que beaucoup de gens m’ont dit, c’est de bien analyser le marché sur lequel on arrive, passer du temps sur l’étude de marché. Ne pas croire que ce qui marche en France (je parle ici de mon domaine, la gastronomie) marchera forcément à l’étranger, que ce soit au Canada ou dans le reste du monde. J’en suis convaincu.

Je connais des professionnels dans la restauration à San Francisco qui ont eu de grosses déconvenues, des déconvenues qui les ont amenés à mettre la clé sous la porte.

 

Maintenant parlons davantage de Vancouver, la ville. Si je te dis ‘Vancouver’, quels sont les mots que ça t’inspire ?

Nature, plein air, aventure.

 

Quel est ton quartier préféré ?

Sans hésiter : Commercial Drive. C’est un endroit où l’on trouve de très bons restaurants italiens, de très bonnes pizzeria, des épiceries européennes. C’est un quartier très vivant, ça bouge vachement, c’est plein de monde et en même temps c’est un quartier relax, tranquille, plus hippy que bourgeois-bohème. C’est un quartier à taille humaine où tu peux faire tes courses sans avoir forcément besoin de ta voiture.

 

Ton restaurant préféré ?

Et voilà ! Bien sûr ! Ma crêperie. Tous les jours, j’en mange ! Je ne peux pas m’en lasser !

 

Ta saison préférée ?

Sans hésiter : l’automne. Les couleurs des feuilles, c’est magique, le beau temps, la fraîcheur. L’Eté Indien dans toute sa splendeur !

 

Tes activités préférées ?

Un squash de temps en temps. Un peu de foot. Le kayak, les balades en raquette, le snowboard… Mais ma priorité numéro un, c’est ma fille.

 

Il te serait donné de refaire le chemin parcouru depuis ton premier jour au Canada, accepterais-tu ?

Oui, ça me ferait super plaisir !

Il y a bien sûr des choses que je referais différemment maintenant que je le sais. Mais humainement, il s’agit d’une expérience super intéressante.

En fait, s’agissant de refaire le chemin parcouru, je dirais que c’est une question délicate à développer car elle force la mémoire et l’imagination. Remonter le temps, ok mais avec l’avantage de l’expérience vécue, accumulée.

Quand on découvre un pays la première fois, on découvre et on touche des choses auxquelles on n’avait pas accès auparavant. Dans mon cas, c’est profiter pleinement de la nature. C’est comme ça que nous le voyons ma femme et moi.

 

Quelles sont les choses que tu ne referais pas ?

Attendre d’avoir 30 ans passés pour créer mon entreprise. Si c’était à refaire, je créerais ma propre entreprise à 25-28 ans.

 

Quelles sont les choses que tu referais à l’identique ?

En février 2008, j’ai réalisé un véritable rêve de gosse : dormir dans un igloo !

 

Et aujourd’hui quel est ton rêve ?

Sans entrer dans ma vie privée, je dirais que mon rêve, pour le moment, est que mon entreprise roule et se développe à moyen et long terme.

Un autre rêve, mais là c’est mon véritable rêve : être propriétaire d’un vignoble en France. Ça, c’est mon rêve ! J’adore le vin.

 

Imaginons que tu sois le spectateur de ton propre parcours en France et au Canada, que vois-tu ?

Je ne comprends pas ta question…

 

Ok… Quel est le François de 1998, encore en France à ce moment-là, comparé au François de 2009 vivant maintenant au Canada ?

C’est quelqu’un qui a su profiter des opportunités offertes, qui a bossé dur, qui a été sérieux et qui a eu de la chance. Mais tout ne s’arrête pas à janvier 2009. C’est une aventure qui continue. Tout reste à faire.

Je serais resté en France, je suis sûr que je serais toujours à bosser pour quelqu’un d’autre. Je n’aurais jamais eu ma propre affaire. Ce qui me fait me lever tous les matins, c’est l’idée de bosser pour moi, dans un domaine que j’aime et en contact direct avec les clients.

 

Y a-t-il des points non abordés ici et que tu souhaiterais développer ?

Oui. Je voudrais parler de la qualité des produits et de leur fraîcheur en fonction des saisons. Manger des framboises en hiver dans l’hémisphère nord, je trouve que c’est une aberration. Je voudrais que l’on revienne à une consommation proche de la nature, que l’on revienne à un mode naturel de consommer les fruits et les légumes.

Les meilleurs produits, les mieux que l’on puisse trouver, ce sont les produits locaux, proches de chez soi et, si possible, organiques, bio, c’est-à-dire véritablement naturels. J’aimerais que les gens reprennent réellement conscience de cela dans leur vie de tous les jours.

Parmi les meilleurs produits de la Colombie-Britannique, on trouve le saumon sauvage et les champignons.

J’aimerais aussi que, dans l’industrie des plats à emporter, les emballages soient biodégradables. Je m’efforce, à mon niveau, de faire changer les choses : j’ai récemment demandé à la responsable de la « food court », où j’exerce mon activité, de faire passer toutes les enseignes de restauration rapide à des emballages biodégradables. Ces emballages sont plus chers que les emballages que nous utilisons actuellement. Reste à faire accepter ce changement par les franchises et les grands groupes, lesquels sont relativement nombreux. Mais si ça passe, la « food court » du Harbour Centre serait la première « food court » écologique de Vancouver et de toute la Colombie-Britannique.

 

C’est la fin de notre entrevue, de notre jeu de Questions / Réponses. Comme la fin d’un voyage dans l’espace et le temps. Je laisse François s’occuper du client suivant et m’éloigne de son stand une crêpe chaude à la main. Je sors du building. La bruine et le froid m’enveloppent alors que je remonte Seymour Street. Tout en marchant, je mords dans la crêpe ou, plus précisément, dans « Orléans » que François a tenu à m’offrir. Je ressens alors à pleine dent, et au fond de moi, le côté doux et sucré de la France de mon enfance. Et voilà ! Rien de plus pour me remettre du soleil dans le coeur. Merci François !

Pour lui rendre visite si un jour vous êtes à Vancouver et, encore mieux, pour déguster ses crêpes et ses galettes :

Et Voilà !

Harbour Centre

555 West Hastings – Vancouver – BC – V6B 4N4

Tél. : (1) 604.677.2217

Récit écrit et propos recueillis par Alain Assailly.

Copyright 2009 Alain Assailly. Tous droits réservés.